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  • Bien être / Maternité

    Etre courageuse ou l’art de traverser l’adversité.

    Traverser un deuil, quel qu’il soit, est toujours une grande épreuve. Et on peut avoir l’impression, lorsque la personne en sort (mais sort-on jamais d’un deuil?) ou ne montre pas ou plus ses faiblesses, qu’elle fait preuve de beaucoup de courage.

    Mais que signifie être courageuse?

    Aller mieux ou en donner le sentiment? Transcender l’épreuve que nous traversons? Essayer d’aller de l’avant?

    dépression

    On me dit souvent depuis la perte d’Eliott que je suis courageuse. Je réponds invariablement que non, je ne le suis pas. Je n’ai pas le choix, c’est tout. Point de courage ici car après tout, je ne fais que subir ce qui m’arrive. Mais ais-je raison de penser cela?

    N’est-ce pas  finalement ça le plus grand courage? Traverser la pire épreuve qui soit : la perte de son enfant ou d’un être cher. Peu importe que nous soyons à cause de cela au fond du trou, aigries, déprimées. Nous sommes là alors que nous pourrions ne plus y être. Comment me direz-vous? Et bien en abandonnant…tout simplement.

    Oui, le courage n’est pas de surmonter l’épreuve et d’en faire quelque chose de positif. Tout cela n’est possible que lorsque finalement, on va un peu mieux. Et alors il n’est plus question de courage car celui-ci ne s’exprime que dans la difficulté. On parlera plutôt de résilience (et c’est déjà beaucoup).

    Continuer à être :

    Un héro est-il celui qui fait les choses qui lui sont à portée de main ou bien celui qui fait ce qui lui est impossible?

    avoir du courage

    Finalement, le courage réside justement dans le fait d’être là malgré cette souffrance insupportable. D’être là et de ressentir tout cela, tout en continuant à vivre, bon an mal an. Ne pas lâcher, quelque soit sa raison : pour l’autre, pour soi, pour ses proches. Car ne nous voilons pas la face, c’est bien de ça dont il s’agit: vivre en permanence avec une douleur qui nous cisaille, les tripes à l’air, le cœur écorché. Et l’envie terrible de ne pas être à cette place, de ne pas être là, de ne plus ressentir tout cela!

    On parle pourtant souvent d’instinct de survie. Mais s’applique t-il lorsqu’on perd son enfant, vraiment? Lorsqu’on souffre tant que plus rien dans la vie ne nous semble désirable? N’avons-nous pas plutôt instinctivement cet élan de fuite, celui qui nous conduirait vers l’être qui nous manque si fort?
    Le courage c’est de faire et de vivre ce qu’on donnerait tout pour ne plus avoir à faire ou vivre!
    Et puis l’Autre est là, cet Autre quel qu’il soit: mari, famille, ami(s). Comment pourrais-je infliger à cet Autre, à ces autres, ce que je n’arrive pas moi-même à supporter? Leur ferais-je prendre ma place et mon chagrin si je m’en vais?

    Le courage c’est de dire NON. C’est d’être, malgré tout, envers et contre tout.

    faire son deuil

    Arrêtez de vous juger!

    Alors à vous, qui ne vous semblez pas bien courageuses car vous traversez un désert, je veux vous dire ceci:

    -Vous faites preuve d’un grand courage!

    -Vous souffrez et vous êtes là. Vous êtes perdues et vous êtes là. Vous n’aimez plus et vous êtes là. Vous êtes seules et vous êtes là.

    Ne vous sous-estimez pas, ne vous jugez pas trop lourdement. Ce que vous vivez, personne ne voudrait le vivre à votre place.

    Et aux bien-pensants qui vous voient sombrer et vous targuent de faiblesse, vous enjoignant à être fortes….Emmerdez-les! Vous êtes déjà fortes. Bien plus que tous ceux qui n’ont rien à surmonter.

    Affectueusement.

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