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  • Grossesse / Maternité / Parentalité

    Culpabilité après l’IMG

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    Il est un sentiment sournois, silencieux et pourtant très violent : celui de la culpabilité. Je la sens de plus en plus présente en moi dernièrement et je crois qu’en la couchant sur le papier (ou plutôt sur le clavier) je pourrais peut-être l’apprivoiser. Car il me reste l’espoir, celui d’un bonheur définitivement parti mais qui pourrait revenir. Si et seulement si…

    A la reconquête du bonheur

    La vérité c’est que cela fait plusieurs semaines que je me bats pour reconquérir mon bonheur. En vain…Ou plutôt si, j’ai renoué avec les petits bonheurs, ceux qui sont simples car à ma portée.

    J’ai retrouvé goût à la vie- celle d’une jeune femme de 30 ans (et quelques) : je reprends possession de mon corps grâce au sport, je sors à nouveau avec mes amis, je suis partie en vacances avec mon mari. Çà, c’est « accessible » et facile comme petits bonheurs.

    Mais quand est-il du vrai bonheur? Le grand bonheur? Celui qui te permet de respirer chaque jour sans avoir la gorge ou l’estomac noué; celui qui te fait te sentir vivante; celui qui te permet d’aimer; celui qui porte tes projets! Aujourd’hui j’ai le sentiment que ce bonheur là ne me sera plus jamais accessible et je pense que c’est tout à fait légitime.

    Après tout, qu’ais-je fait pour mériter ce bonheur? Je l’avais à portée de main, il s’était même inscrit au creux de moi et je l’ai abandonné, rejeté. Ce n’est pas pour rien si je n’arrive plus à parler à mon bébé comme avant. « Avant », je lui écrivais régulièrement, une lettre dans un petit cahier. Et puis les jours ont passé, les semaines et aussi les mois : plus rien. Que pourrais-je lui dire qui efface l’acte effroyable que je sais avoir commis?

    Comme un arrière-goût de monstruosité

    Je sais bien que la décision que nous avons pris d’interrompre la grossesse s’est inscrite sur le moment, dans un geste d’amour. Et pourtant! Pourtant aujourd’hui je me sens misérable et je regrette. Oh combien je regrette! J’ai l’impression de l’avoir rejeté, abandonné. Comment pourrais-je alors mériter d’être à nouveau heureuse?

    Il est question de moi bien sur, mais aussi de mon mari. Je l’aime, c’est un fait, mais lorsque je le regarde je vois la même chose qu’en moi : l’acte impardonnable, la décision la plus horrible qu’il soit… Et je nous vois comme deux êtres monstrueux à qui rien de bon ne peut plus jamais arriver; à qui rien de bon ne DOIT plus arriver.

    Lâcher prise et abandonner

    Le plus étrange dans tout cela c’est que je l’accepte. Oui aujourd’hui je l’accepte pleinement et je ne veux pas qu’il en soit autrement. Je me débattais dernièrement avec l’envie d’avancer (peut-être un nouveau bébé?) et la crise de conscience que cela provoquait chez moi. Lutter contre ses émotions est fatiguant, usant même! Du coup, j’ai décidé d’abandonner; abandonner l’idée d’une vie heureuse et épanouie pour le moment. Je ne veux plus courir après le bonheur! Je l’ai laissé partir et je le regarde s’enfuir pour de bon…

    Ma vie ne sera pas malheureuse pour autant. Lâcher prise ne signifie pas s’arrêter, ni même reculer. Je refuse de porter le statut de victime, d’une femme affreusement triste et amère. Là encore de quel droit pourrais-je me plaindre? N’ais-je pas participer pleinement à établir ce que je vis maintenant?

    Non, je vais avancer et continuer. Ce gouffre béant et puant de culpabilité qui s’est immiscé en moi sera certains jours moins pénible à porter que d’autres. Après tout, si c’est ma croix, je l’accepte! Nous savions ce que nous laissions filer en prenant CETTE décision, nous ne pouvons pas nous en apitoyer maintenant. Nous n’en avons pas le droit.

    Une infime lueur d’espoir

    Comme je le disais au début de cet article, si je couche ce sentiment de culpabilité par écrit c’est pour mieux l’observer, le comprendre et le contourner. Ok, il est là, il est grand et tétanisant mais…sera t-il éternellement présent?  Peut-être qu’en acceptant pleinement cette responsabilité dans mon malheur actuel, il se fera plus doux et plus discret. En lâchant prise, peut-être qu’un jour j’aspirerais à nouveau à être heureuse, vraiment heureuse!

    espoir

    Acteurs et non pas spectateurs

    Bien sur chaque expérience est différente. Je comprends que tous les parents ayant pris la décision d’interrompre leur grossesse puissent ne pas se sentir coupables et qu’ils ne le soient pas d’ailleurs! Mais ma façon de gérer les choses implique que je sois partie prenante de mon malheur. J’ai conscience que nous sommes victimes de la situation, mais pour moi, nous (mon mari et moi)sommes également bourreaux de la situation. Nous sommes les acteurs de ce qui nous arrive, quand bien même cela est atrocement douloureux.

    Finalement est-ce ma façon d’avoir une prise sur ce qui nous est arrivé? – sur qui nous sommes aujourd’hui? – Des parents sans enfant

     

    Sur les origines de mon histoire:
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    2 Commentaires

  • Répondre Li_lou_smile 11 octobre 2018 at 9 h 30 min

    Il est évident que pour moi vous méritez tout le bonheur du monde. J’espère qu’avoir écrit ces lignes aura soulager ton coeur de cette culpabilité. Je t’embrasse bien fort.

    • Répondre Healthy Pandicorn 17 octobre 2018 at 21 h 01 min

      Coucou ma belle! Merci pour ce petit commentaire. Je pense que personne ne peut mériter effectivement de vivre ça…la culpabilité sera toujours là, d’une certaine façon. Mais l’écrire effectivement lui donne moins de poids dans ma vie! Je ne vais pas la laisser gagner!! 😉

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