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  • Grossesse / Maternité / Parentalité

    IMG et féminité #2

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    Dans un article précédent, je vous annonçais avoir dû subir une Interruption Médicale de Grossesse à 7 mois et demi, soit 33 semaines d’aménorrhée. J’y avais alors abordé l’impact que l’annonce de la malformation cardiaque de mon bébé avait eu sur ma féminité. Je me suis sentie ébranlée dans mon rôle naissant de mère car j’avais conçu un bébé en mauvaise santé…

    Une fois l’annonce de cette malformation faite, un véritable parcours du combattant a commencé pour nous parents : la prise en charge médicale de cette grossesse devenue « pathologique ».

    La prise en charge médicale.

    Suite à l’échographie morphologique où nous avions détecté la cardiopathie de notre bébé, l’échographe nous a orienté vers une pédo-cardiologue. Il s’agissait alors de donner un nom à cette malformation et de savoir si celle-ci serait opérable ou non. Une semaine plus tard, nous avions donc rdv dans le cabinet de cette spécialiste. Me sentant toujours aussi coupable (les scénarios de mon implication dans la malformation de notre enfant allaient bon train et se multipliaient dans mon esprit), je n’envisageais pourtant pas du tout l’issue qu’allait avoir cette consultation.

    Très humaine, la cardiologue nous expliqua très concrètement qu’il s’agissait d’une cardiopathie connue sous le nom de Tétralogie de Fallot. Elle nous rassura aussi très rapidement en ses capacités à pouvoir soigner notre bébé quelques mois après sa naissance à l’aide d’une opération chirurgicale. Cette opération serait bien évidemment lourde mais elle nous « assurait » de retrouver ensuite un enfant qui grandirait normalement, en bonne santé (si tout se passait bien évidemment car une telle opération est toujours risquée). C’était l’essentiel pour nous, même si nous savions alors que la grossesse allait devoir être très surveillée à partir de ce jour.

    Une grossesse pathologique:

    Je compris également rapidement qu’il en était fini de mon projet de « naissance naturelle », pas trop médicalisée. D’une grossesse classique, ma grossesse était devenue pathologique, voir à risques. Contrairement à ce que nous avions envisagé, j’allais devoir accoucher dans une maternité de niveau 3; première petite dépossession de notre projet de parents, de mon souhait de femme et désir de future maman. Mais le prix à payer n’était pas bien lourd au regard de la santé de notre enfant!

    Après ces explications sur la pathologie cardiaque et son traitement médical, la cardiologue souleva néanmoins un nouvel élément qui se révéla être un nouveau séisme pour nous. Elle évoqua le fait que cette malformation pouvait être liée à une maladie ou syndrome plus global…Nous n’avions absolument pas envisagé cette hypothèse! Nous étions déjà tellement secoués par l’annonce de ce problème cardiaque, comment envisager qu’il s’agissait peut-être de bien plus que ça? Nous étions sonnés…
    Selon la cardiologue, cette malformation pouvait être rattachée à plusieurs syndromes…il allait donc falloir faire d’autres examens avant d’affirmer qu’il s’agissait d’une malformation isolée ou non.

    C’est d’ailleurs suite à cette explication que l’on entendit pour la première fois le terme « Interruption Médicale de Grossesse » (IMG).

    La première évocation de l’IMG:

    Je compris alors que si cette femme évoquait avec nous la possibilité d’un acte aussi violent, c’est que son intuition n’était pas vraiment bonne…C’est la première fois où je sentis que ma grossesse ne se terminerait sans doute pas dans la joie et le bonheur. J’avais associé le mot « mort » avec celui de mon bébé et j’étais tétanisée de peur.

    L’issue de ce rendez-vous signa la fin de ma grossesse heureuse et « normale ». Les examens médicaux se sont succédés, nous laissant toujours plus désemparés. Le bébé et moi n’étions plus qu’un cas clinique et cela se fit plus criant encore lorsque nous avons été « relayés » dans le service de diagnostic anté-natal d’un grand hôpital…

    Du statut de femme enceinte au cas clinique:

    A partir du moment où nous avons « été pris en charge » dans ce service, j’ai senti que ma grossesse m’échappait totalement. Même si rien ne nous était imposés, aucunes alternatives ne nous étaient ceci dit proposées. Il fallait que la médecine mette à tout prix un nom sur la pathologie de notre enfant, alors même que la santé du bébé et de moi-même avaient complètement été squizzées! La machinerie était lancée, le rouleau compresseur avançait.

    Je peux sembler très dure vis à vis de ce service qui nous suivait alors; presque ingrate. Mais croyez-moi, si je n’avais pas eu le soutien de ma sage-femme libérale en parallèle, je me serais sentie littéralement volée de mon statut de mère et de femme durant les deux mois qu’ont duré les recherches. Je l’ai compris sur le tard, mais il ne s’agissait plus de suivre ou d’accompagner ma grossesse, mais de trouver et de mettre un nom sur une pathologie suspectée. Bien que cet objectif soit compréhensible, je ne conçois toujours pas que l’humain en ait été aussi exclu…

    Du coup, me sentant dépossédée de ma grossesse et de mon statut de future maman par l’équipe médicale, j’ai réagi de façon instinctive.

    L’instinct de survie maternel.

    Paradoxalement, puisque j’avais la sensation qu’on me privait de ma maternité, j’ai décidé de me la réapproprier à 100%. Pour moi qui travaillais auprès d’enfants en bas âge, impossible de continuer à m’occuper d’autres petits alors que le mien allait peut-être « m’être enlevé ». J’ai donc arrêté de travailler très vite pour rester avec mon bébé et profiter de chaque moment que cette grossesse m’apportait.

    La re-naissance d’une relation:

    Je me suis réappropriée mon corps par le sport et la marche notamment. J’ai cuisiné, j’ai lu pas mal de choses sur la grossesse, j’ai écrit et j’ai beaucoup, beaucoup parlé avec mon bébé. Tout ce que je faisais, je le faisais avec lui et aussi pour lui. Ça peut paraître étrange mais je sais qu’une vraie complicité est née durant ces deux mois les plus riches et intenses de ma vie. Moi qui étais enceinte pour la première fois, sans expérience passée de grossesse, je ressentais intensément mon bébé, sa présence et sa position dans mon ventre.
    Selon son agitation ou non, j’arrivais à discerner ses « émotions » : était-il anxieux ou non? Appréciait-il le moment ou non?

    Verdict : détestait la voiture, les feux d’artifice; appréciait la musique (surtout le jazz) et le bruit des vagues 🙂

    Je partageais avec lui lors de nos balades quotidiennes ce que je voyais et ce que nous entendions. Nous avions crée une relation sereine et humaine, bien loin des protocoles médicaux assez froids et désagréables qui jalonnaient toujours la grossesse (amniocentèse, IRM, etc.).

    Espoir et reconquête de soi :

    Et il y avait toujours cet espoir; cet espoir que la malformation cardiaque soit isolée. Après tout, je le sentais en moi, mon bébé avait l’air de bien se porter. Mais je savais aussi qu’il était dans son cocon et que tant qu’il n’éprouverait pas le monde extérieur, tout irait bien pour lui. J’avais le moyen de le protéger encore, en vivant au mieux ma grossesse pour lui.

    J’avais repris un peu de mon « pouvoir » maternel 🙂

    femme enceinte

    (Finalement je pense qu’il me faudra plus de 2/3 articles pour venir à bout de ce sujet….tant pis, si vous avez la patience de me lire à nouveau, je poursuivrais mon histoire en plusieurs fois encore).

     

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    4 Commentaires

  • Répondre Lilou smile sur Ig 13 août 2018 at 14 h 20 min

    Je ne sais que dire en lisant. Mais je sens que partager ce récit te fais du bien et je pense qu’il pourra être lu et aidé de nombreuses femme désarmé face à un tel drame. Vivre ces mois de grossesse tendrement en harmonie avec ton bébé à été, je pense, la meilleure chose à faire pour lui, pour toi et pour vous 2 en tant que parents. Je t’embrasse.

    • Répondre Healthy Pandicorn 20 août 2018 at 16 h 47 min

      Merci ma belle!! Je t’embrasse aussi. Prends soin de toi et de ton bébé 😉

  • Répondre IMG et féminité #3 - Healthy Pandicorn 1 septembre 2018 at 8 h 49 min

    […] enfin le dernier article qui viendra boucler le sujet « IMG et féminité « . J’ai mis du temps avant d’écrire ce dernier post car il me fallait avancer de mon […]

  • Répondre Culpabilité après l'IMG - Healthy Pandicorn 10 octobre 2018 at 9 h 35 min

    […] IMG #2 […]

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